Quelle est la différence entre un ostéopathe et un kiné ?

Vous vous interrogez sur la différence entre ostéopathie et kinésithérapie ? Votre praticien, à la fois ostéopathe et masseur-kinésithérapeute, vous éclaire sur ce sujet.
En tant que masseur-kinésithérapeute de formation initiale et ayant ensuite suivi une formation en ostéopathie, je me sens légitime d’exposer mon point de vue sur les différences de ces deux métiers, qui sont très complémentaires.

Origine et développement de l’ostéopathie

L’ostéopathie est une médecine manuelle qui remonte au 19ème siècle, développée par un médecin de campagne qui était à la fois généraliste, rebouteux et magnétiseur. Son approche consistait à visualiser le patient et son corps comme un tout en interaction avec son environnement.

L’ostéopathie a ensuite évolué grâce à divers praticiens qui ont développé différentes approches (tissulaire, crânienne, énergétique, biodynamique, etc.), et continue encore aujourd’hui d’explorer d’autres chemins.

Cadre légal et accès aux soins

L’une des grandes différences entre ces deux professions est le cadre légal et l’accès aux soins.

En tant qu’ostéopathe, les patients peuvent nous consulter en première intention, sans passer par un généraliste ou un autre spécialiste. Cela s’explique par le fait que l’ostéopathie n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale, mais seulement par les mutuelles.

À l’inverse, la kinésithérapie s’inscrit dans le cadre conventionnel du parcours de soin en France et est reconnue scientifiquement par les autorités de santé.

Philosophie et approche thérapeutique

L’autre grande différence réside dans la philosophie même de l’ostéopathie. L’ostéopathie est un concept, une science à caractère empirique, tout comme la médecine chinoise. Elle se fonde principalement sur l’observation et les expériences des prédécesseurs. Bien qu’elle repose sur un raisonnement théorique, l’ostéopathie n’est pas aussi cartésienne et scientifique que la kinésithérapie.

Les trois sphères de l’ostéopathie

Le principe de l’ostéopathie est de considérer le patient comme un tout. L’ostéopathe examine trois sphères principales :

1. La sphère musculo-squelettique

Cette sphère concerne la posture, le mouvement des articulations, du bassin, des vertèbres, etc. L’objectif est de faire un état des lieux de la structure, de la « charpente » du patient.

2. La sphère viscérale

Elle englobe tout ce qui se trouve dans le tronc du patient, incluant le ventre, la cage thoracique, les viscères et les différents tissus. Par exemple, j’explique souvent aux patients qui me consultent pour une douleur lombaire que je vais devoir toucher au ventre, car certains organes et tissus du ventre sont reliés aux vertèbres lombaires en raison de connexions mécaniques.

3. La sphère crânienne

Ce concept repose sur l’idée que l’os occipital (base du crâne) est relié au sacrum (bassin) et que ces deux os ont un mouvement simultané. De nombreux tissus s’insèrent à la base du crâne, permettant de travailler sur l’ensemble du corps via cette zone. Parfois, une séance peut par conséquent se concentrer quasi exclusivement sur la tête du patient.
L’ostéopathe évalue ces trois sphères pour établir une priorité de traitement.

Fréquence des consultations

En ostéopathie, les patients sont souvent vus en phase aiguë de douleur, ce qui n’est pas la meilleure option. En effet, l’ostéopathie se veut aussi préventive, en traitant les petites douleurs ou inconforts avant qu’ils ne s’aggravent et, dans l’idéal, les patients devraient aussi venir nous consulter dès leur apparition. C’est une approche similaire à la médecine chinoise, où l’on essaye de « vider le verre avant qu’il ne déborde ».

La kinésithérapie s’inscrit quant à elle dans un parcours de soins classique. Les patients sont adressés par un médecin généraliste ou un spécialiste (rhumatologue, orthopédiste…). Les séances sont généralement plus rapprochées car il s’agit d’une rééducation avec des protocoles validés scientifiquement. Par exemple, pour une tendinite, un kiné peut voir le patient deux fois par semaine pendant six semaines.

Complémentarité des disciplines

Il est important de noter que l’ostéopathie n’est pas une spécialité de la kinésithérapie, bien qu’il s’agisse de deux médecines manuelles très complémentaires.

Pour résumer

En ostéopathie, l’accent est mis sur la recherche diagnostique car les praticiens sont mieux formés à cela, et les patients consultent en première intention. En kinésithérapie, les patients sont orientés par des médecins pour traiter un problème connu (en théorie).

Ces deux professions, bien que distinctes, offrent des approches complémentaires pour le bien-être du patient.